Jérémy Frérot : de Fréro Delavega à une voix devenue profondément personnelle

Avant d’être un artiste solo installé dans le paysage de la chanson française, Jérémy Frérot était l’un des deux visages de Fréro Delavega. Avec Florian Delavega, il avait connu un succès fulgurant après leur passage dans The Voice.

Mais lorsque le duo se sépare en 2017, Jérémy doit tout recommencer.

Depuis, il a construit une carrière personnelle faite de chansons sensibles, de textes plus intimes et d’une identité musicale qui s’éloigne progressivement de celle du duo.

En 2026, avec la réédition de Gamin des sables, il franchit encore une nouvelle étape. Et derrière le chanteur populaire se dessine désormais un artiste qui assume davantage ses émotions, ses doutes et son histoire.

Avant la musique, il y avait le sport

Jérémy Frérot naît le 17 mars 1990 à Bruges, en Gironde.

Adolescent, il commence la guitare à 17 ans. Mais la musique n’est pas immédiatement destinée à devenir son métier. Il suit des études en STAPS avec l’idée de devenir professeur d’éducation physique et sportive, comme ses parents.

Son parcours va pourtant prendre une autre direction.

En 2011, il rencontre Florian Garcia, qui deviendra Delavega. Les deux jeunes hommes commencent à jouer ensemble et forment progressivement leur duo.

Ils sont alors loin d’imaginer ce qui les attend.

Fréro Delavega : une ascension fulgurante

Jérémy et Florian commencent par publier des reprises sur Internet.

Leur univers acoustique, leurs voix complémentaires et leur simplicité séduisent rapidement les internautes.

En 2013, ils décident de tenter leur chance dans la troisième saison de The Voice. Leur audition est remarquée et leur permet de rejoindre l’équipe de Mika.

L’émission leur apporte une première visibilité nationale.

Mais c’est surtout après leur passage à la télévision que le phénomène Fréro Delavega prend de l’ampleur.

Le duo connaît un immense succès avec des titres comme « Sweet Darling », « Le Chant des sirènes » ou encore « Ton visage ».

Leur premier album, Fréro Delavega, sort en 2014 et rencontre un important succès.

Un deuxième album, Des ombres et des lumières, paraît en 2015.

Le duo est alors devenu l’un des groupes français les plus populaires de sa génération.

Une séparation au sommet

En 2017, après plusieurs années de succès, Jérémy Frérot et Florian Delavega annoncent leur séparation.

La décision surprend forcément leur public.

Mais les deux artistes ont besoin de prendre des chemins différents.

Pour Jérémy, cette séparation marque le début d’une nouvelle aventure.

Il doit désormais exister sans son partenaire musical.

Et surtout, il doit trouver sa propre voix.

2018 : Jérémy Frérot devient artiste solo

En 2018, Jérémy Frérot lance officiellement sa carrière solo avec le titre « Revoir ».

Quelques mois plus tard sort son premier album, Matriochka.

Le changement est important.

Jérémy conserve cette sensibilité acoustique qui avait fait le succès de Fréro Delavega, mais son écriture devient plus personnelle.

Il parle davantage de ses émotions, de ses relations et de son quotidien.

L’album contient notamment « Tu donnes », « L’homme nouveau » et « À la faveur de l’automne », reprise d’un titre de Tété.

Jérémy n’est plus simplement « la moitié de Fréro Delavega ».

Il commence à devenir Jérémy Frérot.

« Meilleure vie », un album plus intime

En 2021, Jérémy revient avec Meilleure vie.

Le disque confirme son évolution artistique.

Ses chansons sont toujours accessibles et mélodiques, mais elles racontent davantage l’homme derrière l’artiste.

Le titre « Un homme » en est un bon exemple.

Jérémy y évoque la nécessité d’avancer, de grandir et d’accepter les changements de la vie.

La même période est également marquée par « J’ai la mer », une chanson qui rappelle l’attachement du chanteur à l’océan et à son environnement du Sud-Ouest.

L’univers de Jérémy Frérot devient alors de plus en plus identifiable : une chanson française pop, acoustique, chaleureuse et profondément humaine.

« Gamin des sables »

En 2024, Jérémy Frérot ouvre un nouveau chapitre avec son troisième album : Gamin des sables.

Le titre résume assez bien son univers.

Il y a évidemment le rapport à la mer, aux souvenirs d’enfance et aux paysages qui ont accompagné sa jeunesse.

Mais il y a également le passage du temps.

Jérémy n’est plus le jeune chanteur découvert avec Fréro Delavega.

Il est devenu père, artiste confirmé et homme confronté aux changements de la vie.

Le premier single, « Adieu », connaît un beau succès et devient même single de platine. Le titre est suivi de « Gamins des sables », qui donne son nom à l’album.

Un album qui parle du temps qui passe

Dans Gamin des sables, Jérémy Frérot se livre davantage.

Les chansons évoquent notamment les relations, la famille, les souvenirs et les choix de vie.

Il y a une forme de nostalgie, mais jamais réellement de tristesse.

Au contraire, l’album semble chercher à profiter du présent.

C’est particulièrement visible dans des titres comme « Tout l’or du monde », « Zéro » ou « Avec ou sans ».

Jérémy y assume une écriture plus mature et une manière de chanter moins tournée vers la performance que vers l’émotion.

Une musique qui reste proche de ses racines

Même après plusieurs albums, Jérémy Frérot n’a jamais complètement abandonné ce qui faisait la force de ses débuts.

La guitare reste très présente.

Les arrangements privilégient souvent les instruments organiques et les mélodies simples.

Et surtout, la voix reste au centre.

Cette simplicité est devenue l’une des principales caractéristiques de son identité.

Jérémy ne cherche pas à multiplier les effets.

Il préfère raconter une histoire et laisser la chanson trouver naturellement son chemin vers le public.

Des collaborations qui élargissent son univers

Au fil de sa carrière solo, Jérémy s’est également entouré de plusieurs artistes.

Sur Gamin des sables, il partage notamment « C’est comme ça » avec Claudio Capéo et « Le goût du risque » avec Kemmler.

Ces collaborations permettent d’apporter d’autres couleurs à son univers sans le dénaturer.

Elles montrent également que Jérémy est désormais parfaitement à l’aise dans le paysage de la chanson française.

Il n’est plus seulement identifié à une ancienne aventure musicale.

2026 : « Frérot »

L’année 2026 apporte une nouvelle dimension à son projet.

Le 20 mars, Jérémy Frérot sort « Frérot », un titre particulièrement personnel.

La chanson est pensée comme un message de soutien à un proche en difficulté.

Elle parle de ces liens qui nous accompagnent dans les moments compliqués et rappelle l’importance de ne pas rester seul face aux épreuves.

Le morceau est coécrit avec Laurent Lamarca et Tibz.

Avec « Frérot », Jérémy utilise donc une nouvelle fois la chanson pour parler de relations humaines.

Mais cette fois, le propos dépasse largement l’histoire personnelle du chanteur.

Il s’adresse à tous ceux qui ont un frère, une sœur, un ami ou simplement quelqu’un à qui ils pourraient dire : « Je suis là ».

Une réédition qui devient un nouvel album

Le 22 mai 2026 sort Gamin des sables (C’est pas lui, c’est nous), une nouvelle édition de l’album.

Mais il ne s’agit pas d’une simple réédition.

Jérémy y ajoute six titres inédits, portant l’ensemble à vingt chansons. Parmi les nouveautés figurent « L’amour à la plage », « Frérot », « J’échangerais », « Comme on peut », « Une sœur et un frère » et une version acoustique de « Dites-lui ».

Le sous-titre de cette nouvelle version possède également une signification particulière.

« C’est pas lui, c’est nous » est écrit par ses enfants sur la pochette, aux crayons de couleur. Une manière simple mais très symbolique de rappeler la place de la famille dans son univers actuel.

La scène reste essentielle

Jérémy Frérot n’est pas uniquement un artiste de studio.

La scène occupe une place importante dans son parcours.

Après le succès de ses différents albums, il continue de parcourir les routes françaises et de retrouver son public dans les salles et les festivals.

En 2026, sa tournée se poursuit notamment durant l’été et l’automne, avec plusieurs dizaines de dates annoncées en France et en Suisse.

Une manière pour lui de conserver ce lien direct avec le public qui accompagne sa carrière depuis Fréro Delavega.

De la célébrité à la maturité

Ce qui est probablement le plus intéressant dans le parcours de Jérémy Frérot, c’est l’évolution de son image.

Il y a eu le jeune homme découvert avec une guitare aux côtés de Florian Delavega.

Puis le chanteur qui devait prouver qu’il pouvait réussir seul.

Et aujourd’hui, il y a un artiste installé, père de famille, qui semble davantage intéressé par les histoires humaines que par la recherche du succès à tout prix.

Ses chansons parlent de ce que nous vivons tous : l’amour, l’amitié, la famille, les séparations, les souvenirs et le temps qui passe.

Une nouvelle étape

Plus de dix ans après ses débuts médiatisés dans The Voice, Jérémy Frérot a donc parcouru beaucoup de chemin.

Il a connu le succès avec Fréro Delavega, vécu la séparation du duo, construit une carrière solo et publié plusieurs albums.

Aujourd’hui, Gamin des sables et sa réédition témoignent d’une nouvelle maturité.

Jérémy ne cherche plus nécessairement à démontrer qu’il peut réussir seul.

Il semble surtout vouloir raconter qui il est devenu.

Et c’est peut-être là que réside la plus belle évolution de son parcours.

De Fréro Delavega à Jérémy Frérot, il n’a pas seulement changé de nom : il a progressivement appris à raconter sa propre histoire.