Max Novik : bien plus qu’une voix
Il y a des passages dans The Voice que l’on oublie sitôt la saison terminée. Et puis il y a ces quelques voix qui restent en tête, même lorsque les fauteuils rouges se sont retournés une dernière fois. Celle de Max Novik appartient incontestablement à la seconde catégorie.
En 2023, le jeune artiste originaire du Pas-de-Calais arrive sur le plateau de The Voice avec une guitare, une voix puissante et un titre qui n’a rien d’anodin : « Creep » de Radiohead. Une chanson qui raconte le sentiment de ne pas être tout à fait à sa place, d’être différent, en marge. À l’époque, Max Novik chante déjà dans les bars, les scènes ouvertes ou simplement dans la rue, tout en écrivant ses propres textes. Pour lui, cette audition ressemble donc moins à une démonstration qu’à une façon de savoir s’il doit continuer à croire à la musique.
La réponse ne tarde pas.
Les quatre fauteuils se retournent.
Une rencontre déterminante avec Zazie
Parmi les coachs qui souhaitent l’accompagner, Max choisit Zazie. Une rencontre qui va finalement compter bien davantage que les quelques semaines passées dans un télécrochet.
Dans l’émission, Max confirme rapidement ce que son audition laissait entrevoir : derrière la puissance vocale se trouve surtout un interprète capable de transmettre une émotion. Lors des Battles, Zazie l’oppose à Esmé sur « Sign of the Times » de Harry Styles. TF1 souligne alors la capacité des deux artistes à provoquer des émotions très différentes. Max remporte cette Battle et poursuit l’aventure.
Son parcours s’arrête finalement lors des Cross Battles, après une interprétation de « Sois tranquille » d’Emmanuel Moire, face à David Dax. Une élimination d’autant plus surprenante que Max Novik était alors considéré comme l’un des favoris de cette saison.
Zazie elle-même ne cachera d’ailleurs pas son incompréhension. Après l’élimination de son talent, elle expliquera avoir pris le verdict « en plein cœur », tout en se montrant certaine que l’on entendrait de nouveau parler de lui. Elle révélait déjà qu’il travaillait sur ses propres chansons.
Elle avait vu juste.
Après The Voice, le véritable début de l’histoire
Pour beaucoup de candidats de télécrochets, le plus difficile commence lorsque les caméras s’éteignent. La visibilité est immense, mais éphémère. Il faut alors réussir à transformer une voix découverte à la télévision en un véritable univers artistique.
Max Novik va justement choisir cette voie.
Et la relation avec Zazie ne s’arrête pas aux portes du studio de The Voice. L’artiste continue de l’accompagner, Max assure plusieurs de ses premières parties, notamment dans des Zéniths, et tous deux collaborent également à l’écriture de chansons.
C’est sans doute l’un des éléments les plus intéressants de son parcours : Zazie n’a pas seulement été sa coach le temps d’une émission. Elle a participé à la construction de l’après.
Une continuité assez rare pour être soulignée.
Entre chanson française, pop et rock
Car Max Novik cherche désormais moins à démontrer qu’il sait chanter qu’à montrer ce qu’il a envie de chanter.
Son univers se situe quelque part entre la chanson française, la pop et le rock. Une musique qui peut se montrer énergique et brute, mais qui sait aussi devenir beaucoup plus intime. Max revendique lui-même cette dualité : passer de l’énergie du rock à des ballades plus sensibles, en conservant comme priorité l’émotion et l’interprétation.
C’est précisément ce contraste qui donne de la personnalité à ses chansons.
Il possède la voix pour aller chercher la puissance, mais ne semble pas vouloir en faire une démonstration permanente. Chez lui, une chanson peut monter, exploser, puis laisser brusquement davantage de place à la fragilité.
Une façon de chanter qui explique sans doute pourquoi son interprétation de Creep avait autant marqué lors de son arrivée dans The Voice.
« L’Enjeu », première véritable carte de visite
En 2024 arrive un premier projet personnel, « L’Enjeu », un EP sur lequel Zazie participe notamment à la coécriture.
Le titre du projet semble presque résumer la situation.
Car l’enjeu, justement, est désormais de parvenir à exister sous son propre nom. De faire oublier progressivement l’étiquette de « candidat de The Voice » sans renier ce que l’émission lui a apporté.
Et surtout de faire découvrir des chansons plutôt que des reprises.
C’est un passage essentiel dans la vie d’un jeune interprète révélé par la télévision. Reprendre Radiohead, Harry Styles ou Emmanuel Moire permet au public de mesurer immédiatement une voix. Défendre ses propres titres demande autre chose : convaincre l’auditeur d’entrer dans un univers qu’il ne connaît pas encore.
Max Novik commence alors à construire le sien.
Une voix qui se construit aussi sur scène
Cette identité passe beaucoup par le live.
Originaire des Hauts-de-France, Max Novik continue de multiplier les scènes et présente aujourd’hui un répertoire mêlant compositions originales et reprises, seul ou accompagné de musiciens. Il décrit ses concerts comme une recherche de connexion avec le public, avec cette volonté de rester authentique et de transmettre chaque chanson plutôt que de simplement la chanter.
Une philosophie qui paraît presque évidente lorsque l’on regarde son parcours.
Avant la télévision, il chantait déjà partout où il pouvait le faire. Après la télévision, il continue de considérer la scène comme le lieu où les chansons prennent réellement leur dimension.
Et les expériences accumulées depuis The Voice, notamment les premières parties de Zazie dans de grandes salles, lui ont forcément permis de franchir un cap.
Le temps d’avancer
En 2025, une nouvelle étape se dessine avec « Le temps s’arrête », présenté comme le premier aperçu d’un deuxième projet. Lors d’un concert organisé à Lille autour de cette sortie, Max Novik est alors présenté comme un artiste en train d’affirmer une identité « brute et énergique », à la frontière de la pop, du rock et de la chanson française.
Une évolution logique, mais importante.
Parce que le temps où Max Novik devait convaincre quatre fauteuils de se retourner paraît déjà loin.
Ce qu’il cherche aujourd’hui, c’est son propre public.
Et finalement, son histoire raconte assez bien ce que peut apporter une émission comme The Voice lorsqu’elle devient non pas une finalité, mais un accélérateur. Max n’a pas remporté le programme. Il n’a même pas atteint les dernières étapes de la compétition. Pourtant, trois ans plus tard, il continue d’écrire, de sortir des chansons, de monter sur scène et de construire progressivement son chemin.
Ne plus être « Max de The Voice »
C’est probablement là que se joue maintenant la suite.
Il restera encore quelque temps « Max Novik de The Voice » pour une partie du public. Ce n’est ni étonnant ni forcément gênant : l’émission lui a offert une exposition considérable et surtout une rencontre artistique décisive.
Mais quelque chose est en train de changer.
À mesure que les chansons personnelles s’accumulent, que les concerts se succèdent et qu’un univers se précise, la référence au télécrochet devient moins indispensable.
Il reste cette voix immédiatement identifiable, capable de puissance comme de fragilité. Mais autour d’elle apparaissent désormais des textes, des compositions et une identité.
En 2023, Max Novik cherchait encore sa place.
C’est d’ailleurs pour cela qu’il avait choisi Creep.
Quelques années plus tard, la plus belle évolution est peut-être justement celle-ci : il ne semble plus attendre qu’on lui indique où elle se trouve.
Sa place, il est désormais en train de se la créer.





















