The Odds : une bande de copains qui fait souffler un vent nouveau sur le rock français

À l’heure où le rock français semble parfois chercher sa relève, quatre garçons ont décidé de remettre les guitares au premier plan sans pour autant regarder constamment dans le rétroviseur. Avec leur énergie, leur complicité et une musique qui mélange rock, pop, indie et quelques touches plus dansantes, The Odds fait partie de ces groupes qui donnent envie de croire que le rock français a encore de belles histoires à raconter.

Et chez eux, l’histoire commence justement bien avant la musique.

Des copains depuis l’école primaire

Tarka Decamps, César Calles et Julien Samuel se rencontrent en 2006. Ils ont six ans, fréquentent la même école primaire parisienne et deviennent rapidement inséparables. Bien avant de monter sur scène, ils partagent déjà une passion commune pour la musique, notamment à travers des heures passées devant Guitar Hero.

La musique est également très présente dans leurs familles. Tarka reçoit notamment sa première guitare de sa tante, bassiste du groupe britannique Electrelane. Pourtant, les trois amis ne se dirigent pas immédiatement vers le rock. Leurs premières expériences musicales passent par le rap, en posant leurs textes sur des instrumentaux trouvés sur Internet.

Il faudra finalement attendre le confinement de 2020 pour que les guitares en plastique de leur enfance laissent définitivement la place aux vraies. Julien se met à la batterie tandis que Tarka et César prennent leurs guitares. Un déclic renforcé par une vidéo de Yarol Poupaud improvisant une session musicale chez lui. Ils prennent contact avec le musicien et l’aventure commence à devenir beaucoup plus sérieuse.

De la chambre au Bus Palladium

En 2021, The Odds est officiellement né. Le groupe commence par enregistrer des morceaux en anglais, parmi lesquels What Are The Odds, Wiss et Bull’s Eyes. Mais une rencontre va accélérer les choses : Yarol Poupaud les invite à assurer sa première partie au mythique Bus Palladium en décembre 2021.

Deux ans plus tard, The Odds choisit le français avec Le Détail, coécrit avec Yarol Poupaud. Celui-ci croit suffisamment au potentiel de la bande pour les signer sur son label Bonus Tracks Records. Les trois amis prennent alors une décision qui en dit long sur leurs ambitions : arrêter leurs études pour se consacrer entièrement à la musique.

En janvier 2024, Alexis Vialatel rejoint officiellement la formation à la basse. Le trio devient un quatuor et trouve sa configuration actuelle : Tarka Decamps et César Calles aux guitares et au chant, Julien Samuel à la batterie et Alexis Vialatel à la basse.

Danse Animale, première véritable carte de visite

Le premier EP de The Odds, Danse Animale, arrive en 2024. Un projet qui permet au groupe d’affirmer son univers : des guitares omniprésentes, des refrains immédiatement fédérateurs et surtout cette impression que les quatre garçons jouent avant tout parce qu’ils aiment être ensemble.

Le projet possède aussi un côté artisanal qui correspond parfaitement à leur état d’esprit. La photo de la pochette est réalisée par le père de Tarka, tandis que la sœur de César participe à la réalisation de clips. Celui de Pourquoi Pourquoi connaîtra même une naissance mouvementée : expulsée du lieu initialement prévu faute d’autorisation, l’équipe finit par tourner dans une ancienne dynamiterie désaffectée à Honfleur.

Musicalement, The Odds refuse de choisir entre héritage et modernité. Le groupe assume l’influence du rock anglais et des années 2000 mais va également chercher du côté du blues, du funk, du disco ou encore de la French Touch. Une liberté qui lui permet progressivement de construire une identité beaucoup plus personnelle.

Un groupe fait pour la scène

C’est peut-être en concert que The Odds révèle le mieux sa personnalité. Le groupe a rapidement multiplié les dates, avec notamment une tournée de 18 concerts en 2024 et un passage par La Maroquinerie à Paris. Hoshi les choisit également pour assurer plusieurs premières parties de sa tournée des Zéniths, notamment à l’Adidas Arena de Paris, mais aussi à Reims, Orléans et Saint-Étienne.

Une belle école pour quatre musiciens dont la musique semble justement pensée pour être vécue collectivement. Sur scène, The Odds cultive la proximité avec son public, au point de parfois inviter des spectateurs à venir jouer avec eux.

Cette énergie leur permet de franchir une nouvelle étape le 31 janvier 2026 avec un concert au Trianon, à Paris. Une salle symbolique puisque leur amitié a commencé quelques rues plus loin, lorsqu’ils étaient encore enfants. Le groupe vient alors d’être consacré Révélation Pop-Rock RTL2 et confirme qu’il n’est plus seulement une jeune formation prometteuse : The Odds commence véritablement à trouver sa place dans le paysage du rock français.

De KIDS à une identité de plus en plus affirmée

Après Danse Animale, The Odds poursuit son évolution avec KIDS en 2025, un projet autoproduit qui rapproche davantage encore le groupe de ce qu’il souhaite devenir musicalement. Rock, indie et French Touch s’y croisent sans complexe.

Des titres comme Gabriella, Roi, Bastille, Sans avenir, Avant qu’elle ne parte ou encore Enfant de Lucifer montrent aussi que The Odds sait varier les ambiances sans perdre son identité. En janvier 2026, Parano vient encore compléter cette discographie qui grandit rapidement.

Derrière l’insouciance et l’énergie de la bande de copains apparaît progressivement une autre facette : celle d’un groupe capable de ralentir, de laisser davantage de place aux émotions et de raconter des histoires plus intimes.

Et c’est précisément ce que confirme leur dernier single.

Belle histoire, quand le rock laisse parler les souvenirs

Sorti le 26 juin 2026, Belle histoire est le dernier titre en date de The Odds. Une chanson de 4 minutes et 2 secondes publiée chez Jo&Co / Label Odds, mais surtout un morceau qui dévoile une facette particulièrement sensible du groupe.

Le public avait d’ailleurs pu la découvrir plusieurs mois avant sa sortie officielle. The Odds l’avait notamment interprétée au Trianon en janvier 2026, où cette chanson encore inédite avait offert une respiration plus intime au milieu d’un concert particulièrement électrique.

Avec Belle histoire, The Odds regarde vers les premiers instants d’une relation amoureuse : ceux dont on conserve des images étonnamment précises longtemps après. Un sourire, un regard, une voix, un parfum, les premiers éclats de rire, ces détails minuscules auxquels la mémoire finit par donner une importance immense. La chanson se construit autour de cette envie impossible de remonter le temps pour retrouver la magie des débuts.

La nostalgie est là, mais elle ne transforme jamais le morceau en complainte. Belle histoire préfère conserver la lumière des souvenirs plutôt que leur amertume. Et c’est peut-être justement ce qui rend le titre aussi attachant : derrière les guitares et l’énergie que l’on associe naturellement au groupe apparaît une émotion beaucoup plus simple et universelle, celle que l’on ressent lorsque l’on repense à une histoire qui a compté.

C’est aussi une jolie façon de mesurer le chemin parcouru par The Odds. Les copains qui passaient autrefois leurs soirées devant Guitar Hero sont devenus un véritable groupe de scène, capable de remplir le Trianon, de fédérer un public et désormais de montrer qu’il sait aussi se faire plus tendre.

Avec Belle histoire, The Odds ne renonce pas au rock qui a construit son identité. Il lui ajoute simplement un peu de douceur, de nostalgie et beaucoup de cœur. Et pour ces quatre copains dont l’aventure a commencé sur les bancs de l’école primaire, le titre pourrait presque avoir un double sens : car leur propre histoire, elle aussi, commence à devenir sacrément belle.