Cocoon : l’histoire de Mark Daumail, de Clermont-Ferrand au succès international
Derrière le nom de Cocoon se trouve depuis plus de vingt ans un homme : Mark Daumail. Auteur, compositeur, interprète et producteur originaire de Clermont-Ferrand, il a fait de Cocoon un projet en perpétuelle évolution, capable de traverser les années, les rencontres et les changements de direction artistique sans perdre son identité.
Le grand public se souvient évidemment du duo qu’il formait à ses débuts avec Morgane Imbeaud et de chansons comme Chupee ou On My Way. Mais résumer Cocoon à cette période serait passer à côté d’une grande partie de son histoire. Depuis ses premiers enregistrements artisanaux jusqu’aux albums What We Leave Behind et Bones For The Dogs, Mark Daumail n’a jamais cessé de faire vivre et de transformer Cocoon.
Cocoon naît à Clermont-Ferrand
Mark Daumail naît le 6 décembre 1984 à Clermont-Ferrand. Très tôt attiré par la musique, il commence à écrire et à enregistrer ses propres chansons avec les moyens dont il dispose. Les débuts de Cocoon sont ainsi très artisanaux : Mark compose, joue et enregistre chez lui, notamment à l’aide d’un magnétophone quatre pistes et de son ordinateur.
En 2005, le projet Cocoon prend véritablement forme. Morgane Imbeaud le rejoint et apporte sa voix et ses claviers. Une alchimie se crée entre leurs deux voix, portée par des arrangements folk épurés et des mélodies qui contrastent souvent avec la noirceur ou l’étrangeté des textes.
Cette période en duo ne représentera finalement qu’une partie de la longue histoire de Cocoon, mais elle sera déterminante dans son installation auprès du public.
Le phénomène My Friends All Died in a Plane Crash
Après les EP I Hate Birds en 2006 et From Panda Mountains en 2007, Cocoon publie en octobre 2007 son premier album, My Friends All Died in a Plane Crash.
Avec son titre pour le moins inattendu, le disque pose immédiatement les bases de l’univers de Cocoon : des chansons essentiellement interprétées en anglais, une folk-pop acoustique particulièrement mélodique, des voix douces et des textes dans lesquels la mélancolie côtoie volontiers l’humour noir.
Le succès dépasse rapidement le cadre de la scène indépendante. On My Way et surtout Chupee deviennent des titres emblématiques de Cocoon et permettent au projet de toucher un très large public. L’album est certifié double disque de platine en France.
Cocoon prend également une nouvelle dimension sur scène avec une tournée de plus de 200 concerts. Pour Mark Daumail, qui quelques années auparavant enregistrait encore ses chansons chez lui, le changement d’échelle est considérable.
Where the Oceans End : Cocoon construit son propre monde
Après ce premier succès, Cocoon revient en 2010 avec Where the Oceans End.
Plus ambitieux, le deuxième album développe un véritable univers narratif et visuel. Il raconte notamment l’histoire d’un enfant qui rencontre une baleine millénaire baptisée Yum Yum, capable d’avaler les cauchemars et les problèmes des humains pour leur rendre du bonheur.
La musique conserve la délicatesse des débuts, mais Cocoon va désormais beaucoup plus loin dans la construction d’un imaginaire autour de ses chansons.
Là encore, le public répond présent. Where the Oceans End est certifié disque de platine et Cocoon se produit notamment à deux reprises à l’Olympia en 2011.
Ces deux premiers albums installent durablement le nom de Cocoon dans le paysage musical français.
Speed of Light, le disque charnière
Après plusieurs années particulièrement intenses, une transition s’amorce. Mark Daumail ressent le besoin d’explorer de nouvelles sonorités, davantage tournées vers la pop et l’électronique.
Cette évolution aboutit en 2014 à Speed of Light, publié sous son propre nom et porté notamment par le titre Monsters.
L’album occupe une place fondamentale dans son parcours. Il ne s’agit pas simplement d’une parenthèse entre deux périodes de Cocoon, mais bien d’un disque charnière. Mark y sort du cadre acoustique qui avait largement contribué à définir les premières années du projet et affirme de nouvelles envies de production et d’écriture.
C’est également à cette période que les chemins artistiques de Mark Daumail et Morgane Imbeaud se séparent. Après environ cinq années passées ensemble au sein de Cocoon, Morgane poursuit ses propres projets tandis que Mark ouvre un nouveau chapitre.
Speed of Light marque ainsi la frontière entre deux époques : celle du Cocoon des débuts et celle d’un projet qui va désormais se construire autour de Mark Daumail et de multiples rencontres artistiques.
Welcome Home, la renaissance de Cocoon
Le véritable début de cette nouvelle période arrive avec Welcome Home en 2016.
Deux ans auparavant, Mark Daumail est devenu père. Son fils connaît des problèmes de santé qui nécessitent une hospitalisation. Durant cette période difficile, Mark apporte sa guitare à l’hôpital et recommence à composer.
Ces chansons très personnelles vont progressivement donner naissance à un nouvel album de Cocoon.
Mark envisage un temps de retrouver Morgane Imbeaud, mais celle-ci, engagée dans ses propres projets, l’encourage à poursuivre seul ces morceaux qui racontent avant tout son histoire.
Welcome Home est donc beaucoup plus qu’un simple retour discographique. Il redéfinit Cocoon.
La folk demeure présente, mais s’enrichit de soul et de pop. Mark Daumail s’entoure également de nouveaux artistes, parmi lesquels les Américains Matthew E. White et Natalie Prass. Ce fonctionnement annonce ce que sera désormais Cocoon : un projet dont Mark constitue le cœur, mais autour duquel vont graviter de nombreux musiciens et collaborateurs.
Le public accompagne cette renaissance. Welcome Home est certifié disque d’or et se classe notamment dans le Top 20 en France, mais également en Belgique, en Suisse et en Allemagne.
Cocoon, un projet ouvert aux rencontres
Le départ de Morgane Imbeaud ne transforme donc pas Cocoon en aventure solitaire au sens strict.
Au contraire, Mark Daumail va multiplier les collaborations et travailler au fil des années avec une vingtaine d’artistes différents. Les voix, les musiciens et les producteurs peuvent changer, mais Mark reste le fil conducteur et l’architecte de l’ensemble.
Cette manière de fonctionner permet aussi à Cocoon de ne pas rester prisonnier de la formule qui avait fait son succès à la fin des années 2000.
Les harmonies vocales, la mélancolie et le goût pour les mélodies immédiatement mémorisables demeurent, mais les arrangements, les textures et les influences évoluent continuellement.
Cocoon devient moins un « groupe » au sens traditionnel du terme qu’un univers musical construit par Mark Daumail et nourri par ses rencontres.
Wood Fire et le détour par Los Angeles
En 2019 paraît Wood Fire, nouvelle étape importante dans cette deuxième vie de Cocoon.
L’album est enregistré en grande partie à Los Angeles et se révèle particulièrement intime. Mark Daumail y puise notamment dans son couple et sa vie personnelle pour alimenter son écriture.
Après Welcome Home, Wood Fire confirme que Cocoon ne cherche pas à reproduire indéfiniment le son de ses premiers succès.
Mark continue d’explorer, de modifier ses méthodes de travail et de confronter son univers à d’autres sensibilités musicales. La géographie elle-même change : le projet né à Clermont-Ferrand se nourrit désormais régulièrement d’expériences et de collaborations internationales.
Mark Daumail écrit aussi pour les autres
L’histoire de Cocoon ne raconte d’ailleurs qu’une partie de l’activité musicale de Mark Daumail.
Auteur, compositeur, arrangeur et producteur, il met également son savoir-faire au service d’autres artistes. Il a notamment travaillé avec Julien Doré, Stephan Eicher ou Mélanie Pain, parmi de nombreux autres interprètes.
Il compose également pour la publicité, l’audiovisuel et le cinéma.
Cette activité parallèle éclaire aussi l’évolution de Cocoon. Mark Daumail ne considère pas la création comme un territoire fermé. Écrire pour d’autres, produire, arranger, rencontrer de nouveaux musiciens ou expérimenter de nouvelles sonorités nourrit en permanence son propre projet.
En 2015, il crée d’ailleurs Yum Yum Records, son label et sa société d’édition musicale, afin de disposer d’une plus grande liberté dans la manière de développer ses projets.
What We Leave Behind, vingt ans après les débuts
En avril 2025, Cocoon revient avec What We Leave Behind.
Vingt ans après la naissance du projet, cet album occupe une place toute particulière dans le parcours de Mark Daumail. Loin d’être simplement un disque supplémentaire venant prolonger une discographie déjà riche, il constitue pour l’artiste l’un des projets les plus importants de toute l’histoire de Cocoon.
Son titre, que l’on pourrait traduire par « Ce que nous laissons derrière nous », semble d’ailleurs parfaitement correspondre à ce moment de son parcours.
Après deux décennies de musique, il ne s’agit plus seulement de regarder comment Cocoon a évolué, mais aussi de mesurer ce que toutes ces années, ces albums, ces collaborations, ces succès et ces expériences ont laissé.
What We Leave Behind rappelle surtout une chose : Cocoon n’est pas un projet nostalgique vivant sur le souvenir de ses premiers tubes. Vingt ans après ses débuts, Mark Daumail continue à considérer Cocoon comme un espace de création bien vivant.
Bones For The Dogs, un nouveau chapitre dès la fin 2025
Et l’histoire s’accélère encore quelques mois plus tard.
En décembre 2025 paraît Bones For The Dogs, un disque mêlant des morceaux inédits à de nouvelles présences de certaines chansons emblématiques du répertoire de Cocoon.
Sa sortie est importante parce qu’elle ne constitue pas seulement un regard porté sur le passé. Bones For The Dogs accompagne une nouvelle étape scénique du projet et ramène aujourd’hui Mark Daumail sur les routes.
Cette tournée occupe une place essentielle dans l’actualité de Cocoon. Deux décennies après les premiers concerts et après de nombreuses transformations, les chansons continuent ainsi à exister et à évoluer sur scène.
Le répertoire permet désormais de faire dialoguer plusieurs époques : les morceaux qui ont révélé Cocoon au grand public, les chansons composées après la première période du projet et les créations les plus récentes.
Vingt ans de Cocoon, et bien davantage que Chupee
L’histoire de Cocoon est forcément liée à Chupee, On My Way, Comets et aux albums qui ont fait connaître le projet à la fin des années 2000. Cette période a été déterminante et la présence de Morgane Imbeaud a joué un rôle important dans la construction de cette première identité artistique.
Mais Cocoon ne s’est pas arrêté avec la fin du duo.
Speed of Light a constitué un tournant. Welcome Home a véritablement ouvert l’après-Morgane et obtenu à son tour un disque d’or. Wood Fire a poursuivi l’exploration. What We Leave Behind a marqué les vingt ans du projet et représente une œuvre particulièrement importante aux yeux de Mark Daumail. Quelques mois plus tard, Bones For The Dogs a encore prolongé l’aventure et conduit Cocoon vers une nouvelle tournée.
Entre-temps, Mark Daumail a travaillé avec de nombreux artistes, écrit et composé pour d’autres et multiplié les rencontres sans jamais abandonner ce projet né à Clermont-Ferrand.
C’est peut-être finalement ce qui définit le mieux Cocoon.
Non pas un groupe figé dans une formation ou une époque, mais un projet capable de changer de forme sans perdre son identité. Les musiciens passent, les collaborations se succèdent, les disques racontent différentes périodes d’une vie, mais Mark Daumail en reste depuis le premier jour le fil conducteur.
Plus de vingt ans après ses premiers enregistrements artisanaux, Cocoon continue donc son chemin.
Et son histoire, manifestement, est encore en train de s’écrire.
Cocoon en tournée : les prochains concerts
L’aventure Cocoon se poursuit sur scène. Pour célébrer vingt ans de carrière, Mark Daumail revient à l’essentiel avec un spectacle acoustique et intimiste dans lequel il revisite les différentes époques de Cocoon et les chansons qui ont jalonné son parcours.
Voici les prochaines dates annoncées jusqu’à la fin de l’année 2026 :
• 7 octobre 2026 – Lille
Théâtre Sébastopol – 20h
• 30 octobre 2026 – Toulouse
Halle aux Grains – 20h
• 5 décembre 2026 – Genève (Suisse)
Alhambra – 20h
• 12 décembre 2026 – Paris
Philharmonie de Paris – Cité de la musique – 20h
Sur cette tournée, Mark Daumail incarne Cocoon dans une formule particulièrement épurée, renouant avec l’intimité qui a toujours constitué l’une des signatures du projet. Une manière de parcourir vingt ans de chansons tout en poursuivant l’histoire de Cocoon sur scène.





















