Bastian Baker : bien plus que le beau gosse suisse de « Lucky »

Il avait à peine vingt ans, une guitare acoustique, un sourire ravageur et une chanson baptisée Lucky. Au début des années 2010, Bastian Baker débarquait sur les radios françaises avec une folk-pop lumineuse et une décontraction qui semblait presque insolente. Quelques mois plus tard, Danse avec les stars achevait de faire connaître son visage au grand public.

Plus de quinze ans après ses débuts, le Suisse n’a pourtant jamais disparu. Bien au contraire. Il a joué partout dans le monde, partagé la scène avec quelques immenses artistes, vécu à Nashville, chanté sous un chapiteau de cirque et multiplié les expériences sans jamais abandonner sa guitare.

Derrière l’image du jeune chanteur romantique des débuts se cache finalement un sacré voyageur.

Du hockey à la guitare

Bastian Baker, de son vrai nom Bastien Kaltenbacher, naît en mai 1991 à Lausanne, en Suisse.

Chez les Kaltenbacher, on aurait pourtant pu imaginer une tout autre carrière pour lui. Son père Bruno a été joueur professionnel de hockey sur glace et le jeune Bastien pratique lui aussi ce sport à un niveau élevé. Pendant longtemps, son avenir semble davantage se dessiner sur une patinoire que sur une scène.

Mais la musique est déjà là.

Il chante, joue de la guitare, compose et finit progressivement par comprendre que sa véritable passion se trouve ailleurs. Une rencontre va accélérer les choses : celle de Claude Nobs, fondateur du mythique Montreux Jazz Festival, qui décèle son potentiel.

En 2011, Bastian Baker se produit à Montreux. La même année paraît son premier album, Tomorrow May Not Be Better.

Il n’a que vingt ans.

Lucky, et soudain tout s’accélère

Le titre Lucky devient rapidement sa carte de visite.

Une guitare, une mélodie immédiatement mémorisable et cette voix légèrement éraillée suffisent à installer un univers à mi-chemin entre folk, pop et rock acoustique. En Suisse, le succès est immédiat et son premier album atteint le podium des ventes.

En 2012, Bastian Baker reçoit le Swiss Music Award de la révélation de l’année.

La France ne tarde pas à s’intéresser à lui. Il apparaît notamment dans Taratata, tandis que des chansons comme I’d Sing For You et Lucky commencent à circuler sur les radios françaises.

Puis la télévision va considérablement accélérer sa notoriété.

Quand la France le découvre en danseur

À l’automne 2012, Bastian Baker participe à la troisième saison de Danse avec les stars sur TF1, avec Katrina Patchett.

L’expérience peut sembler étonnante pour un jeune chanteur folk suisse qui commence tout juste à se faire connaître. Elle lui offre pourtant une exposition considérable.

Du jour au lendemain, des millions de téléspectateurs qui ne connaissaient pas forcément ses chansons découvrent son visage et sa personnalité.

Le risque était évidemment de devenir davantage une célébrité qu’un musicien. Bastian Baker va justement passer les années suivantes à démontrer que sa place est d’abord sur une scène, une guitare entre les mains.

Des albums et surtout énormément de concerts

Après Tomorrow May Not Be Better, les projets s’enchaînent.

Too Old to Die Young paraît en 2013, suivi de Facing Canyons en 2015 puis d’un album simplement intitulé Bastian Baker en 2018.

Mais sa carrière ne se raconte pas uniquement à travers des disques.

Bastian Baker est avant tout devenu un impressionnant artiste de scène. Son site officiel comptabilise plus de 2 000 concerts dans plus de 50 pays et sur cinq continents. Il s’est produit au Montreux Jazz Festival, aux Francofolies, au Summer Sonic au Japon, à l’Olympia de Paris, au Blue Note de Tokyo ou encore dans la Jamsil Arena de Séoul.

Une dimension internationale assez exceptionnelle pour un artiste suisse francophone qui, détail important, a choisi dès ses débuts de chanter essentiellement en anglais.

Et sur la route, Bastian Baker va croiser quelques très grands noms.

De Johnny Hallyday à Shania Twain

Au fil de sa carrière, Bastian Baker a notamment assuré des premières parties de Johnny Hallyday et de Bryan Adams.

Mais une aventure va lui permettre de changer encore de dimension.

En 2018 et 2019, il accompagne Shania Twain sur sa tournée mondiale Now Tour. Des dizaines de concerts et des salles gigantesques en Amérique du Nord, en Europe et ailleurs : pour le Suisse habitué à voyager, l’expérience constitue malgré tout un nouveau cap.

Bastian Baker a aussi vécu quelque temps à Nashville, capitale américaine de la country et véritable laboratoire pour les auteurs-compositeurs. Il y travaille avec différents musiciens, auteurs et producteurs et continue d’élargir une musique qui ne veut plus se limiter à l’étiquette folk de ses débuts.

Son goût pour les rencontres et les expériences atypiques devient progressivement une caractéristique de sa carrière.

Coach de The Voice… et chanteur de cirque

Bastian Baker devient également coach dans The Voice Belgique, mais l’une de ses aventures les plus étonnantes se déroule quelques années plus tard en Suisse.

En 2021 et 2022, il rejoint le Cirque Knie, institution nationale helvétique.

Et il ne se contente pas de venir chanter quelques morceaux au milieu du spectacle.

Pendant près de deux ans, Bastian Baker participe à plus de 500 représentations. Il chante évidemment ses titres, mais s’intègre aussi à l’univers du cirque, avec des chorégraphies, des numéros aériens et même du travail à cheval. Selon son site officiel, cette aventure lui permet de se produire devant plus de 1,15 million de spectateurs.

Un défi plutôt inattendu pour celui qui avait commencé avec une guitare acoustique.

En 2022, il ajoute même une autre ligne surprenante à son CV en prêtant sa voix au personnage de Jean Clawed pour le doublage de Les Minions 2 : Il était une fois Gru.

Stories of the XXI, revenir aux chansons

Cette même période voit paraître Stories of the XXI, nouvel album qui rassemble notamment The Way It Is, When It’s All Over, Leave a Scar, Secret ou encore Call Me in L.A..

Le titre de l’album résume assez bien la manière dont Bastian Baker envisage son métier : raconter des histoires.

Ses textes puisent beaucoup dans ce qu’il observe autour de lui, dans les relations humaines, les rencontres, les voyages ou sa propre vie. Derrière les mélodies accessibles se trouve un auteur-compositeur qui revendique une écriture spontanée, nourrie par ce qu’il vit.

Et au fil des années, le jeune homme que l’on présentait parfois essentiellement comme le « beau gosse suisse » est devenu un artiste qui contrôle une grande partie de son travail : auteur, compositeur, interprète, producteur mais aussi éditeur.

Toujours l’envie d’aller ailleurs

Bastian Baker aurait facilement pu reproduire indéfiniment la formule de Lucky. Il a préféré voyager.

Au sens propre comme au figuré.

Folk, pop, rock, touches de country : sa musique a évolué au rythme de ses expériences. Et son goût pour l’international ne s’est pas démenti.

En 2025, il surprend notamment avec Dançar Sem Você, enregistré avec l’artiste brésilienne Manu Bahtidão, avant de dévoiler Time to Shine en septembre de la même année.

Parallèlement, il transmet désormais une partie de son expérience. Il accompagne notamment le jeune chanteur suisse Soleroy, dont il est devenu le mentor. Les deux artistes se sont d’ailleurs produits ensemble lors des Swiss Music Awards 2026.

Une nouvelle position assez symbolique pour celui qui, quinze ans auparavant, était lui-même le jeune artiste que l’on découvrait.

Une histoire qui continue de s’écrire

En 2026, Bastian Baker a 35 ans et affiche déjà un parcours que beaucoup d’artistes n’accumulent pas en une vie entière : plusieurs albums, des récompenses par dizaines, deux disques de platine, six disques d’or, plus de 50 millions de streams et des milliers de concerts aux quatre coins du monde.

Et il continue de publier de nouvelles chansons. Après Time to Shine, sa discographie s’est encore enrichie en 2026 avec de nouveaux singles, parmi lesquels Ela Não Ama et Never Hits You Twice, ce dernier étant sorti le 31 juillet.

Bastian Baker est donc très loin d’être seulement ce jeune Suisse que la France avait découvert avec Lucky et Danse avec les stars.

Le hockeyeur qui a préféré une guitare à une crosse est devenu un musicien globe-trotter, capable de passer d’une petite scène acoustique à une tournée mondiale avec Shania Twain, d’un studio de Nashville à un chapiteau de cirque, puis de repartir seul avec sa guitare.

Et finalement, le titre de son premier tube lui allait peut-être mieux qu’il ne l’imaginait : Bastian Baker a certainement eu de la chance. Mais quinze ans et plus de 2 000 concerts plus tard, difficile d’expliquer toute cette histoire uniquement par la chance.