Thomas Kahn à pleine voix et en nuances avec « Undertones »
Il y a des albums qui marquent une nouvelle étape dans une carrière. Et puis il y a ceux qui racontent presque une renaissance. Avec « Undertones », disponible depuis ce 25 septembre 2026, Thomas Kahn signe un disque profondément lié à son histoire récente. Douze titres entre soul des années 60 et sonorités contemporaines, mais surtout un album porté par un artiste qui revient de loin.
Quand la voix impose le silence
Ces dernières années, Thomas Kahn n’a pourtant pas ménagé cette voix qui constitue depuis toujours sa signature. Après une tournée d’environ 70 dates, son corps finit par lui imposer un arrêt. En septembre 2024, le chanteur doit subir une opération des cordes vocales.
Pour celui qui vit de sa voix et de la scène, commence alors une période particulièrement délicate : le silence, puis la rééducation et la nécessité de réapprendre à chanter.
Une épreuve qui va forcément modifier son rapport à son instrument et nourrir la suite de son parcours. Car lorsqu’il revient à la musique, Thomas Kahn semble désormais vouloir explorer toutes les nuances de cette voix retrouvée.
C’est précisément là que prend naissance « Undertones ».
Un album de nuances
Le titre n’a rien d’anodin. Undertones évoque ces nuances, ces subtilités qui ne sautent pas forcément aux oreilles au premier instant mais donnent toute sa profondeur à une émotion.
Et des émotions, ce nouvel album n’en manque pas.
Thomas Kahn y parle d’amour, de doute, de colère, d’espoir et de résilience. Des thèmes personnels qui trouvent naturellement leur place dans cette soul qu’il affectionne depuis ses débuts et dont il conserve ici l’une des qualités essentielles : raconter des histoires humaines.
L’artiste reste ainsi profondément attaché à l’héritage de la soul des années 60, aux voix habitées et aux arrangements chaleureux, tout en refusant d’en proposer une simple reproduction nostalgique.
De l’Auvergne à Abbey Road
Pour construire ce nouveau son, Thomas Kahn a travaillé entre son Auvergne natale et Londres.
Une partie du projet est notamment passée par les studios Black Stone et Bat Records, avant de poursuivre l’aventure dans un lieu qui appartient tout simplement à l’histoire de la musique : Abbey Road.
Huit morceaux y ont notamment donné lieu à des sessions live.
Une manière parfaitement cohérente d’aborder Undertones, puisque l’album a largement été pensé avec la scène en tête. Thomas Kahn s’appuie pour cela sur des musiciens qui l’accompagnent depuis de nombreuses années et sur une section rythmique particulièrement présente.
Batterie solide, basses profondes, orgues, guitares, cuivres, chœurs et même cordes sur certains morceaux : le son se veut ample et organique.
Aux racines soul viennent également se mêler des influences plus actuelles. Thomas Kahn cite notamment dans son univers sonore la puissance de Black Pumas, les guitares de Brittany Howard ou encore les basses profondes de Jacob Banks.
Douze titres et plusieurs visages
Dès « My World », qui ouvre l’album, Thomas Kahn annonce la couleur. Cuivres, chœurs, orgue et section rythmique installent immédiatement cet univers soul dans lequel sa voix peut prendre toute sa place.
Mais Undertones ne reste pas enfermé dans une seule couleur.
« You And Me » ou « Into Darkness » laissent davantage parler les guitares et l’énergie rock, tandis que « A Lil Bit Of Sunshine » apporte une respiration plus lumineuse avec des accents presque New Orleans.
Ailleurs, « On My Road » renoue avec une dimension soul-gospel, portée notamment par le piano et l’orgue, tandis que « Do You Love Me » ou « Hope Is Gone » montrent un visage plus fragile et introspectif.
Cette alternance entre puissance et retenue donne justement tout son sens au titre de l’album : Thomas Kahn ne cherche plus seulement à faire entendre une voix puissante. Il en explore les reliefs.
Une musique faite pour être vécue
Avec plus de dix années de carrière et plusieurs centaines de concerts, la scène occupe forcément une place centrale dans la manière dont Thomas Kahn conçoit aujourd’hui sa musique.
Undertones a ainsi été pensé pour retrouver en concert ces instants où un morceau semble échapper à ceux qui le jouent pour devenir une expérience collective.
La soul retrouve alors l’une de ses dimensions originelles : une musique que l’on écoute, certes, mais que l’on ressent aussi physiquement.
Cette volonté explique les montées progressives, les finales qui s’étirent, les chœurs ou encore cette énergie gospel qui traverse plusieurs morceaux de l’album.
« I Will Stand », comme une évidence
Parmi les chansons qui symbolisent le mieux cette nouvelle étape, « I Will Stand » occupe une place particulière.
Le morceau joue sur cette opposition permanente entre fragilité et puissance qui traverse Undertones. Une ligne de violon presque délicate accompagne progressivement une construction beaucoup plus ample.
Et difficile de ne pas entendre derrière son titre — « je resterai debout » — un écho au parcours récent du chanteur.
Après l’opération, le silence, la rééducation et le doute, Thomas Kahn est toujours là.
Mais peut-être pas tout à fait le même.
Thomas Kahn, toujours soul mais autrement
Avec « Undertones », Thomas Kahn ne renie donc rien de ce qui a construit son identité. Son amour pour Otis Redding, Lee Fields, le gospel, le reggae et plus largement la musique noire américaine reste profondément ancré dans son univers.
Mais quelque chose semble avoir changé.
La puissance est toujours présente, seulement elle n’a plus besoin d’être permanente. La fragilité peut désormais devenir une force et le silence lui-même semble avoir trouvé sa place entre les notes.
Sorti ce 25 septembre 2026 chez Caramba Records, Undertones porte ainsi particulièrement bien son nom.
Un album de nuances, de lumière et d’ombre, dans lequel Thomas Kahn raconte finalement autant le chanteur qu’il est devenu que celui qu’il a failli ne plus pouvoir être.
























